L’Élément humain, le confinement et moi

J’ai vu çà et là, sur les réseaux sociaux que je fréquente davantage ces derniers temps quelques décryptages de la crise sanitaire et du confinement, basés sur le modèle  Élément Humain*. Cela m’a donné l’idée, en revisitant les principes de base de l’approche de Will Schutz, de faire le point sur moi-même après 24 jours de confinement, sachant que je vis cette situation inédite dans des conditions privilégiées,  une maison avec un jardin.

Élément Humain repose sur 3 principes : l’authenticité, l’autodétermination et la conscience de soi.

Premier principe, l’authenticité. Derrière ce terme d’authenticité se cache d’une part notre capacité à être dans l’ouverture : dire ce qui se passe pour soi, son vécu, ses ressentis et d’autre part, notre capacité à écouter et entendre le vécu et les ressentis des autres, dans un climat relationnel sans danger pour aborder les difficultés qui se présentent dans la relation.

Dès les premiers jours de confinement, moi qui défends l’authenticité, les questions affluent dans ma tête. Est-ce que je peux dire à mon conjoint et à mes enfants largement en âge de comprendre, que j’ai vraiment la trouille de tomber malade ? Que j’ai peur de mourir à 66 ans, d’autant que depuis le début de l’épidémie les personnes âgées sont considérées comme les plus vulnérables ? Est-ce que je peux leur dire que j’ai peur pour eux tous ? Que j’ai peur parce que mon activité de formatrice-coach a totalement cessé et que je ne gagne plus un centime ?

Pour ma part, j’ai choisi de ne rien dire pour les protéger bien sûr et aussi me préserver. En faisant quoi ? En expérimentant chaque jour ce que recommande Eckhart Tolle dans son livre « le pouvoir du moment présent ». Rester dans le présent à chaque moment, sans se projeter dans ce qui pourrait se passer dans une heure, un jour, une semaine, un mois… Et ça marche !

Chacun bien sûr choisira de dire ou de ne pas dire, de faire ou de ne pas faire… Tout est une question de choix. Et cela nous amène au deuxième principe, l’autodétermination ou le choix.

Ce vocable de l’autodétermination recouvre notre capacité à comprendre les choix que nous faisons et assumer la responsabilité des conséquences intentionnelles et fortuites de ces choix.

Face au Covid 19 et à ce confinement forcé, j’ai pu par moment, céder à la tentation de me dire que je n’ai pas le choix. Aujourd’hui, je pense qu’au contraire j’ai le choix de ma réaction à ces événements inédits. J’ai choisi par exemple, puisque mon activité a totalement cessé, de faire de nouvelles choses ou des choses que je ne faisais plus depuis longtemps. Proposer du coaching solidaire, quelques candidats seulement pour le moment. Me mettre sur une liste d’écoutants dans la réserve civique ; au vingt cinquième jour du confinement, pas encore une seule personne à écouter…Étonnant mais vrai !

Alors que faire d’autre ? Profiter ! Avec ce temps que j’ai devant moi, j’ai repris des marches solitaires, et j’apprécie vraiment mon heure par jour. J’ai retrouvé le bonheur de la méditation ; j’ai repris contact avec des personnes que j’avais perdues de vue. J’ai découvert le plaisir, oui c’est vrai, de faire du ménage, du repassage, des courses, de la cuisine… Toutes choses que je fuyais ou que j’avais délégué ou que je faisais très vite tant j’étais obnubilée par le travail. Un autre choix qui a été fondamental c’est de faire tout cela sans culpabilité en se donnant la permission d’être bien. Et pour moi cela est très difficile alors que tant d’autres personnes vivent des moments douloureux.

Être honnête et sincère avec soi-même sur ce que l’on vit, nous amène tout naturellement au troisième principe, la lucidité sur soi. Le fameux « connais-toi, toi-même ».

Il s’agit de mieux connaître ses comportements et ses rigidités dans ses relations aux autres et à soi-même. A cet égard, l’Élément Humain nous invite à expérimenter notamment 3 dimensions qui s’appliquent à la relation interpersonnelle : L’Inclusion, le Contrôle et l’Ouverture.

La première dimension du comportement, l’Inclusion parle du nombre de contacts avec lesquels nous sommes à l’aise dans nos relations aux autres. En ces temps de confinement moi qui adore les contacts, après quelques jours où j’ai perdu mes repères, j’expérimente le plaisir d’être seule. Être ma seule compagne pendant de longs moments plusieurs fois par jour. Et puis, dans mes marches solitaires, je fais de l’inclusion à distance : regarder dans les yeux la personne que je croise, lui sourire et lui dire bonjour de loin. J’ai découvert une nouvelle forme d’inclusion en respectant les gestes barrières. Une nouvelle forme de contact… Sans contact !

La deuxième dimension du comportement est le Contrôle, l’impact ou l’influence que nous avons sur les autres et que les autres ont sur nous.

Personnellement j’aime avoir le contrôle (ou l’illusion) du contrôle des situations et des personnes. Or avec le confinement, j’apprends à lâcher ce contrôle. La reine du planning et des « to do lists » que je suis ou plutôt que j’étais, retrouve le plaisir de ne rien avoir à faire. Pas d’agenda, pas de rendez-vous, pas de journées programmées, pas d’horaires. Faire ce que j’ai envie de faire. Découvrir au fil de l’eau des messages, des vidéos, d’y répondre ou pas, d’en partager également. Regarder des séries, des infos… Quand je veux et si je veux… Une espèce de lâcher prise très nouveau, très étonnant et très agréable.

La troisième dimension du comportement est l’Ouverture, autrement dit, la capacité de partager ses sentiments, ses secrets, ses pensées intimes.

Personnellement, j’aime les relations dans l’ouverture. Avec ce temps qui nous est donné dans ce confinement est un temps précieux et propice à l’ouverture choisie. Un temps pour se raconter, oser se découvrir et découvrir les autres, enlever ses masques habituels et baisser le niveau de ses protections internes. Autrement dit, « bas les masques » pour affirmer qui nous sommes véritablement ! Quelle conclusion étrange en forme de pied de nez à ce Covid 19, qui nous contraint à faire la chasse aux précieux masques qui manquent encore si cruellement.

 

*Élément Humain de Will Schutz, Dr en psychologie et statisticien, permet à chacun de développer son leadership, d’être à la fois leader de soi et leader des autres.

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